Facteurs

Comment fiv et traitements de fertilitã© influence la probabilité de jumeaux

La PMA est le principal moteur de la hausse moderne des naissances gémellaires — et le seul facteur du modèle que les cliniciens peuvent ajuster volontairement.

Effet : ×3.5 vs base

Dernière mise à jour:

Le moteur principal du « boom » moderne des jumeaux

Les taux de naissances gémellaires ont environ doublé entre 1980 et 2010 dans les pays riches — et cela n’a rien à voir avec la génétique. Kulkarni et coll., à partir des données ART du CDC, attribuent environ deux tiers de la hausse aux États-Unis aux techniques de PMA et aux traitements de stimulation ovarienne [4]. Le reste s’explique surtout par le recul de l’âge maternel.

Deux mécanismes distincts opèrent en pratique :

  1. Transfert d’embryons multiples en FIV. Transférer plusieurs embryons augmente la chance qu’au moins un s’implante — au prix d’augmenter la chance que plus d’un s’implante.
  2. Superovulation. Des médicaments comme le citrate de clomifène, le létrozole ou les gonadotrophines recrutent plusieurs follicules en un cycle, augmentant la probabilité que deux ovocytes soient libérés et fécondés — y compris en dehors d’une FIV (insémination intra-utérine, cycle naturel surveillé).

Les chiffres par type de traitement

Le rapport ART le plus récent du CDC montre qu’en 2022, parmi les transferts d’embryons frais ayant abouti à une naissance vivante, le taux de jumeaux était d’environ 7 %, contre 31 % en 2009 après l’adoption massive du transfert d’embryon unique (SET) [1]. Les chiffres récents varient nettement selon le protocole :

  • Transfert d’embryon unique (SET) : taux de jumeaux proche de la conception naturelle (~2–3 %)
  • Transfert de deux embryons (DET) : taux de jumeaux de 25 à 35 % chez les femmes jeunes
  • IIU avec stimulation par gonadotrophines : 15 à 25 % de jumeaux, et triplets > 5 %
  • Clomifène sans monitoring : environ 5–8 % de jumeaux

En France, l’Agence de la biomédecine publie des chiffres comparables et impose un cadre de SET prioritaire chez les bonnes pronostics [2].

Pour le modèle multiplicatif du calculateur, on applique un ×3,5 uniforme dès qu’un parcours PMA est déclaré. Les futures versions distingueront SET du DET et l’induction d’ovulation de la FIV.

Pourquoi l’ASRM a poussé le SET

Au début des années 2000, les grossesses multiples issues de FIV produisaient des hausses mesurables de prématurité, faible poids de naissance, admissions en néonat et complications obstétricales. L’American Society for Reproductive Medicine et l’ACOG ont progressivement resserré les recommandations sur le nombre d’embryons à transférer, surtout chez les femmes jeunes au bon pronostic [3].

Le résultat est net : alors que le nombre de cycles FIV continue de croître, la part qui aboutit à une grossesse gémellaire a chuté. La PMA n’est plus le « volcan » qu’elle a été pour le taux de jumeaux.

Ce que cela change pour votre décision

Si vous êtes en cours de traitement et arbitrez entre SET et DET, l’arbitrage est concret : le SET donne un taux de grossesse par transfert légèrement plus bas mais une distribution obstétricale nettement plus sûre. Les recommandations ASRM et celles de l’Agence de la biomédecine fournissent des seuils selon l’âge, à discuter avec votre centre.

Si vous êtes en essais bébé sans PMA, ce facteur ne s’applique pas. Passez aux antécédents familiaux ou à l’âge maternel.

Source

Comment nous l’avons calculé

Voir le multiplicateur et la place de ce facteur dans le modèle.

Références

  1. [1] Centers for Disease Control and Prevention. (2024). 2022 Assisted Reproductive Technology National Summary Report.
  2. [2] Agence de la biomédecine. (2023). Rapport médical et scientifique de l’assistance médicale à la procréation.
  3. [3] American Society for Reproductive Medicine. (2024). Guidance on the limits to the number of embryos to transfer.
  4. [4] Kulkarni AD, Jamieson DJ, Jones HW Jr, et al. (2013). Fertility treatments and multiple births in the United States. New England Journal of Medicine, 369, 2218–2225.